L’employeur régional doit s’occuper des femmes pour tirer vers le haut l’ensemble du personnel des lycées !
Qui promeut la communauté éducative ? Pas la Région, en tous les cas, quand on voit comment elle se désintéresse de ses agents, ou répond « à côté ». Or, c’est l’appartenance à cette communauté qui doit être moteur pour penser collectivement la place et la fonction des enseignants, des ARL et de l’Administration des lycées. C’est la conscience de cette mission au service des élèves qui doit revaloriser les métiers et les agents.
Mais en affaiblissant le rôle du concours dans le recrutement et la carrière, et en supprimant les technicités dans les organigrammes, l’employeur régional accentue ce mouvement de décrédibilisation des agents, dont la conséquence immédiate est la difficulté à recruter. On est loin d’un réseau d’ambassadeurs métiers engagés et passionnés !
Pour quoi les femmes sont-elles les premières touchées et les premières à protéger ? Parce que la dégradation des carrières des femmes impacte l’ensemble des organisations de travail : en effet, la majorité des postes d’exécution sont occupés par les femmes - l’encadrement est encore essentiellement masculin – Or le nettoyage en cuisine ou dans les classes et les internats, provoque des troubles musculosquelettiques.
Associés à une dévalorisation de ces métiers, très démotivante pour les agents, ils sont à l’origine de nombreux arrêts de travail. Les reprises à mi-temps thérapeutique sont indispensables pour éviter de nouvelles rechutes, mais ces mi-temps ne sont pas remplacés, et font peser la charge supplémentaire de travail et de stress à ceux qui restent… qui finissent par tomber malades eux aussi.
De plus, en supprimant les technicités – on ne parle plus de « métier » mais de fonction, comme si les agents pouvaient être interchangeables – l’employeur participe à la dévalorisation des métiers, au cantonnement dans des tâches d’exécution, à l’absence de perspective de promotion et de carrière. On dit aux agents qu’ils ne sont pas agiles et qu’ils n’aiment pas le changement, mais en fait, on leur demande une polyvalence qui désorganise le travail, masque les non remplacements, entrave l’acquisition de compétences, efface l’expérience. Tout le système est affaibli !
Il faut revaloriser les métiers de l’entretien. De nombreux diplômes existent dans ce secteur professionnel. Et il faut tenir compte de l’expérience de ces agents pour accompagner leur promotion à d’autres postes, avec ou sans encadrement. Par ailleurs, les agents sont de plus en plus sollicités pour des activités portes ouvertes, ou d’accueil de groupes extérieurs aux établissements, ou complémentaires à l’entretien courant des locaux. Pourquoi pas, si ce n’était à moyen constant ! L’autorité régionale n’est pas assez exigeante face aux chefs d’établissements, lorsque ceux-ci demandent à disposer du personnel sans moyens supplémentaires, ni concertation ni planification.

