Mais quand un passage à niveau ne se ferme pas, quand la route est coupée par la crue d’une rivière ou qu’une branche tombe sur notre voiture, nous savons que nous sommes dans la vraie vie.

Et on a beau anticiper les aléas climatiques et ferroviaires, en se levant à 5h du matin, on n’en rentre pas moins à 20h le soir, régulièrement, fréquemment, à certains moments quotidiennement. Et parfois, il ne reste plus qu’un Uber, ou à se payer l’hôtel. Nous n’inventons pas, c’est vous qui nous le dites.

Nous avons écrit à l’administration sur les différentes situations qui affectent les agents dans leurs déplacements et proposé des réponses adaptées, responsables et protectrices, à des conditions de mobilité dégradée.

Le 15 décembre, nous faisons état de l’épuisement des collègues face aux pannes, retards et suppressions de train, dans le contexte de la crise agricole et des blocages de routes et de voies ferrées. Nous proposons un jour de télétravail flottant comme réponse d’urgence à l’impossibilité de se rendre à son travail dans des conditions normales. Pas de réponse.

Le 5 janvier, nous faisons la même proposition, pour répondre à une difficulté supplémentaire : celle de l’épisode de froid intense qui perturbe les transports. Pas de réponse

Le 12 janvier, l’administration autorise une journée exceptionnelle de télétravail pour répondre aux blocages agricoles et aux conditions hivernales. Nous proposons de transformer cette disposition en règle claire et équitable, et de mettre en place un Plan de Mobilité Employeur (PDME).

L’administration nous répond le 27 janvier : Elle ne souhaite pas généraliser des dispositions de télétravail flottant. Concernant le PDME, elle indique que la mise en place d’un PDME n’a pu aboutir. Elle encourage les agents à continuer à prendre le train…

Le 10 février, nous plaidons pour des réponses temporaires, en attendant que la SNCF exauce le vœu de l’administration et améliore son service public : une souplesse pour les responsables, afin qu’ils puissent accorder ce jour de télétravail au vu de la situation. Ou encore, la possibilité de pouvoir aller travailler en Maison de Région, ou dans un lycée du secteur, ou un aménagement temporaire des horaires permettant d’éviter les rames en heures de pointe, plus souvent sujettes à suppression. Et nous demandons une entrevue. Pas de réponse.

Le 18 février, face aux nouveaux épisodes climatiques, nous proposons de faire évoluer les fiches Prévention Vents violents et Crues – inondations, pour que les encadrants disposent d’un cadre clair pour accorder du télétravail ponctuel, ou une autorisation spéciale d’absence (ASA) exceptionnelles pour les agents se trouvant dans l’impossibilité de se rendre à leur travail et dont les activités ne sont pas télétravaillables. Et nous renouvelons notre demande d’entrevue. Pas de réponse.

La SNCF marche mal. Le temps se gâte. Équipements structurants et climat se dégradent, certes. Mais l’employeur régional n’a pas épuisé toutes ses solutions. Les propositions de la FSU ne remettent pas en cause les grandes lignes du règlement sur le temps de travail. Elles sont plutôt des solutions souples, pour répondre à des situations particulières.

Que penser de ces paradoxes ?

Voilà une collectivité qui veut faire de ses agents des ambassadeurs. Mais de quoi ? Du stress ? Qui prône, par ses politiques publiques, la proximité, l’implantation dans les territoires, la revitalisation des espaces ruraux, mais empêche ses agents d’y vivre (qu’on ne dise pas que les agents n’ont qu’à habiter plus près du bureau, car il n’est nul besoin de vivre très loin de Toulouse ou Montpellier pour subir les aléas ferroviaires) ; Qui s’engage dans une démarche de résilience écologique, mais risque de dégoûter ses agents d’utiliser transports en commun et mobilités douces. Qui généralise les concertations citoyennes sans prendre en compte la parole des agents régionaux…

Les agents ne sont pas seulement des agents, ce sont des usagers, des citoyens. Faut-il rappeler ce qu’est la vraie vie ?