Hausse du coût des carburants, perturbations récurrentes des transports ferroviaires régionaux, épisodes climatiques exceptionnels, situations sanitaires, blocages…

Dans ce contexte, les organisations syndicales essayent d’obtenir que soit envisagé ponctuellement un troisième jour de télétravail pour répondre à l’augmentation du coût des déplacements automobiles. La FSU Territoriale espère qu’elle pourra rapidement prendre acte de cette avancée.

Cependant, nous ne pouvons que constater une forme de paradoxe : lorsque les difficultés concernent les déplacements en voiture, des solutions seraient étudiées ; mais lorsque les agents sont confrontés à des perturbations majeures des transports collectifs – notamment ferroviaires – aucune souplesse équivalente n’est recherchée. Cette situation crée une rupture d’égalité entre les agents, alors même que la Région est un acteur central de l’organisation des mobilités sur son territoire.

La FSU propose d’introduire une souplesse d’organisation du télétravail, afin que les responsables puissent activer un troisième jour de télétravail flottant lorsque les conditions le justifient, quel que soit le mode de transport utilisé ou l’aléa subi. Un passage à niveau qui refuse de se baisser, le ciel qui nous tombe sur la tête, ou une facétie de pangolin…
Nous aurions un cadre, sécurisant, avec des critères objectifs et transparents, qui peut être limité dans le temps (expérimentation sur quelques mois), qui peut faire l’objet d’un bilan partagé avec les représentants du personnel. Pas d’inquiétudes, il ne s’agit ni d’un “avantage”, ni d’un “cadeau”, mais d’un outil d’adaptation au service de la continuité du service public et de la qualité de vie au travail. Il ne s’agit pas non plus d’affaiblir les collectifs de travail par une supposée "désertion" : quand les collectifs de travail se disloquent, c’est pour d’autres raisons. Il s’agit là de réagir rapidement face à des situations ponctuelles qui épuisent littéralement les agents.

La FSU Territoriale appelle donc l’administration à mettre en pratique rapidement nos premières propositions : 3ème jour en réponse à une crise, travail en proximité du domicile dans des lieux régionaux, adaptation dérogatoire des horaires, marge de manoeuvre plus lisible pour les encadrants... Très concrètement, elles peuvent être mises en application sans remaniement des règlements actuels.


Le télétravail : petit abrégé sémantique pour ceux qui pensent que Télé = TV

Le préfixe “télé-”, du grec têle, signifie “à distance”.
Le télétravail est donc, littéralement, le fait de travailler à distance, avec des outils professionnels, dans un cadre réglementé.

Les agents en télétravail, travaillent à distance.
Ils et elles assurent leurs missions, participent à la continuité du service public et démontrent, chaque jour, leur engagement.

Face aux transformations climatiques, économiques et sociales, la collectivité ne peut rester figée dans des modes d’organisation rigides.

Donner de la souplesse, c’est aussi faire confiance aux agents et aux encadrants
. C’est reconnaître la diversité des situations, garantir l’équité de traitement, et renforcer l’efficacité du service public.

La FSU Territoriale appelle donc l’administration à mettre en pratique rapidement nos premières propositions : 3ème jour en réponse à une crise, travail en proximité du domicile dans des lieux régionaux, adaptation dérogatoire des horaires, marge de manoeuvre plus lisible pour les encadrants... Très concrètement, elles peuvent être mises en application sans remaniement des règlements actuels.

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Cette réflexion sur la notion de télétravail ouvre un débat plus large sur la notion de travail tout court. Ce sujet s’impose à nous par de nombreux biais : nouvelles technologies qui rendent le télétravail possible, coûts des transports, aléas climatiques, pression urbaine qui éloigne le lieu de résidence du lieu de travail, mais aussi bénéfices réels du présentiel sur fond de dégradation des missions de service public…
Nous demandons donc a minima que la collectivité se saisisse réellement du sujet plutôt que de créer, même à son corps défendant, burn out, bore out et brown out. Un des enjeux sera, quoi qu’il arrive, de repenser notre façon de travailler ensemble.